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Règles des rectifications de l’orthographe

 

Voici les nouvelles règles officiellement recommandées.

 

Chacune des règles ci-dessous est accompagnée d’un lien vers une sous-liste des mots touchés. On peut également consulter une page d’exercices.

 

Ces règles, listes et exercices sont tirés de livres que l’on peut se procurer en librairie. On trouvera à prix modique le livre Grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée contenant les règles ci-dessous et la liste de tous les mots touchés par les rectifications de l’orthographe. On trouvera aussi le guide pratique et complet Connaitre et maitriser la nouvelle orthographe avec exercices et corrigés.

 

On peut voir une liste de mots sur le site de l’Office québécois de la langue française.


On peut imprimer un résumé des règles (une page).

 

Règles

D’après les travaux du RENOUVO (et lien vers le Grand vadémécum)    

A - Le trait d'union et la soudure


1- Le trait d'union est remplacé par la soudure dans tous les composés de contr(e)- et entr(e)-
, pour lesquels on poursuit l'action commencée par l'Académie en 1835, 1878 et 1935 (ex. : contrappel, entretemps sur le modèle de contrepoint, entrevue). [Voir une sous-liste de mots touchés par la règle A1]

 

2- Le trait d'union est remplacé par la soudure dans tous les composés de extra-, infra-, intra-, ultra- (ex. : extrafort sur le modèle de extraordinaire), comme les composés de co-, en-, sur-, supra-, déjà soudés. [Voir une sous-liste de mots touchés par A2]

 

N.B. Le trait d'union est maintenu dans les mots où la soudure engendrerait une prononciation défectueuse (ex. : extra-utérin).

 

3- Le trait d'union est remplacé par la soudure dans les composés d'éléments savants, en particulier en -o (ex. : autoallumage sur le modèle de radioactif). [Voir une sous-liste de mots touchés par A3]

 

N.B. Le trait d'union est maintenu dans les noms propres et termes géographiques où il sert à marquer une relation de coordination entre les deux termes (ex. : gréco-romain).

 

N.B. Le trait d'union est maintenu dans les mots où la soudure engendrerait une prononciation défectueuse (ex. : bio-industrie).

 

4- Le trait d'union est remplacé par la soudure dans les composés de formation onomatopéique ou dans des mots d'origine étrangère (ex. : bouiboui, weekend, un apriori sur le modèle de coucou…). [Voir une sous-liste de mots A4]

 

5- Le trait d'union est remplacé par la soudure dans certains composés formés à l'origine d'un verbe et d'un nom, ou d'un verbe et de -tout, plusieurs composés avec basse-, mille-, haut(e)-, et quelques autres composés (ex. : croquemonsieur, mangetout, millepatte, portemonnaie, rondpoint sur le modèle de faitout, passeport, portefeuille). [Voir une sous-liste de mots A5]

 

N.B. Ces mots étant devenus des mots simples, ils suivent la règle générale du singulier et du pluriel (ex. : un millepatte, des millepattes sur le modèle de un millefeuille, des millefeuilles).

 

6- Les numéraux composés sont systématiquement reliés par des traits d'union (ex. : vingt-et-un-mille-six-cent-deux, quatre-centième, un-million-cent).

 

N.B. On distingue ainsi quarante-et-un tiers (41/3) de quarante et un tiers (40 + 1/3), et aussi mille-cent-vingt septièmes (1120/7) de mille-cent vingt-septièmes (1100/27), de mille cent-vingt-septièmes (1000/127), ou encore de mille-cent-vingt-septième (1127e).

 

B - Le pluriel

 

1- Les noms composés, avec trait d'union, formés à l'origine soit d'une forme verbale et d'un nom, soit d'une préposition et d'un nom, parce qu’ils sont perçus comme des mots simples, prennent la marque du pluriel au second élément, seulement et toujours lorsqu'ils sont au pluriel (ex. : un essuie-main, des essuie-mains; un cure-ongle, des cure-ongles; un garde-meuble, des garde-meubles - qu'il s'agisse de personnes ou de choses -; un après-midi, des après-midis). [Voir une sous-liste de noms composés B1]

 

N.B. La règle ne concerne pas les quelques composés dont le second élément contient un article (ex. : trompe-l'œil) ou commence par une majuscule (ex. : prie-Dieu).

 

2- Les noms empruntés à d'autres langues, dont le latin, suivent la règle générale du singulier et du pluriel des mots français (ex. : les boss, les gentlemans, les matchs, les minimas, les minimums). [Voir une sous-liste de mots empruntés B2]

 

Exceptions : les noms ayant conservé leur valeur de citation (ex. : des requiem).

 

C - Les accents et le tréma

 

1- Devant une syllabe graphique contenant un e instable (dit « e muet »), on écrit è et non é. [Voir une sous-liste de mots C1]

Ainsi :

– on écrit évènement sur le modèle de avènement, règlementaire sur le modèle de règlement, etc.;

 

– les formes conjuguées des verbes du type céder, au futur et au conditionnel, s'écrivent avec un accent grave (ex. : elle cèderait sur le modèle de elle lèverait);

 

– dans les inversions interrogatives, la première personne du singulier en e suivie du pronom personnel je porte un accent grave (ex. : aimè-je).

 

Exceptions, en raison de leur prononciation normée en syllabe initiale :

– les préfixes dé- et pré- (ex. : dégeler, prévenir);

– les é- initiaux (ex. : échelon, édredon, élever);

– ainsi que médecin et médecine.

 

2- L'accent circonflexe disparait sur les lettres i et u (ex. : nous entrainons, il parait, flute, traitre). [Voir une sous-liste de mots C2]

 

Exceptions : l’accent circonflexe est maintenu, pour sa fonction analogique ou distinctive, uniquement dans les cas suivants :

- dans les terminaisons verbales du passé simple (ex. : nous vîmes, vous lûtes) et du subjonctif (ex. : qu'il partît, qu'il eût voulu);

- dans jeûne(s), dans les masculins singuliers dû, mûr et sûr, et dans les formes de croitre qui, sinon, seraient homographes de celles de croire (ex. : croîs, croît, crûs, crût, crû).

 

3- Le tréma est déplacé sur la lettre u qui correspond à un son dans les suites -güe- et -güi- (ex. : aigüe, ambigüe, ambigüité). [Voir une sous-liste de mots C3]

 

N.B. Afin de corriger des prononciations jugées défectueuses, le tréma est ajouté dans quelques mots (ex. : argüer, gageüre, rongeüre).

 

4- Pour l'accentuation (comme pour le pluriel et la soudure), les mots empruntés suivent la règle des mots français (ex. : homéo-, un imprésario). [Voir une sous-liste de mots empruntés C4]

 

D - Simplification des consonnes doubles

 

1- Les formes conjuguées des verbes en -eler ou -eter s'écrivent avec un accent grave et une consonne simple devant une syllabe contenant un e instable (dit « e muet »). Les dérivés en -ment de ces verbes suivent la même règle (ex. : il détèle sur le modèle de il pèle, il étiquètera sur le modèle de il achètera; nivèlement, renouvèlement). [Voir une sous-liste de mots D1]

 

Exceptions : appeler, jeter et leurs composés (y compris interpeler), bien implantés dans l'usage.

 

2- Une consonne qui suit un e instable (dit « e muet ») est simple : on écrit lunette/lunetier, dentelle/dentelier, dentelière, prunelle/prunelier, sur le modèle des séries noisette/noisetier, chamelle/chamelier. De même : interpeler, nous interpelons, etc. [Voir une sous-liste de mots D2]

 

3- Les mots anciennement en -olle et les verbes anciennement en -otter s'écrivent avec une consonne simple, de même que leurs dérivés (ex. : girole, frisoter, frisotis). [Voir une sous-liste de mots D3]

 

Exceptions :

- les monosyllabes colle, folle, molle, bien implantés dans l'usage;

- les mots de la même famille qu'un nom en -otte (ex. : botte/botter, flotte/flotter, flottement).

 

E - L'accord d'un participe passé

 

Le participe passé de laisser suivi d'un infinitif est invariable (ex. : les enfants que nous avons laissé partir sur le modèle de les enfants que nous avons fait partir, elle s'est laissé mourir sur le modèle de elle s'est fait mourir).

 

F - Anomalies

 

1- Quelques familles sont réaccordées (ex. : bonhommie comme bonhomme, charriot comme charrue, chaussetrappe comme trappe, combattivité comme battre, déciller comme cil, imbécilité comme imbécile, innommé comme nommé, persiffler comme siffler, prudhommie comme homme, ventail comme vent). [Voir une sous-liste de mots F1]

 

2- Quelques anomalies sont supprimées (ex. : les participes passés absout et dissout, assoir, douçâtre, exéma comme examen, levreau comme agneau, nénufar, ognon comme pognon, relai comme balai, saccarine, tocade). [Voir une sous-liste de mots F2]

 

3- Un accent est ajouté dans quelques mots, où il avait été omis ou dont la prononciation a changé (ex. : asséner). [Voir une sous-liste de mots F3]

 

4- La finale -illier est remplacée par la finale -iller lorsque le i qui suit les deux l ne s'entend pas (ex. : quincailler, serpillère). [Voir une sous-liste de mots F4]

 

N.B. On conserve toutefois le suffixe -illier dans les noms d'arbres et de végétaux (ex. : groseillier).

 

G - Recommandations générales

 

G1 à G20- D’une manière générale, il est recommandé aux auteurs de dictionnaires et aux créateurs de mots de privilégier la graphie la plus simple lorsque plusieurs formes sont en usage : la graphie sans accent circonflexe (ex. : allo), la forme en n simple, le pluriel régulier, etc. [Voir une sous-liste de mots]

 

G21 et G22- D’une manière générale, il est recommandé aux auteurs de dictionnaires et aux créateurs de mots de franciser, dans la mesure du possible, les mots empruntés, en les adaptant au système graphique du français (ex. : débatteur, musli), et de donner la préférence, lorsque plusieurs formes existent, à celle qui est la plus proche du français (ex. : paélia, taliatelle). [Voir une sous-liste de mots]

 

G23 et G24- D’une manière générale, il est recommandé aux auteurs de dictionnaires et aux créateurs de mots de préférer, pour l’écriture de mots nouveaux dérivés de noms en -an, le n simple, et, pour les dérivés de noms en -on, le n simple devant i, o, a (ex. : -onologie, -onaire, -onalisme, -onite [ex. : réunionite]).

 

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